16 novembre 2009
L'âne vert
Le 7e âne de ma série qui n'a pas de raison de s'arrêter. Tant que j'aurai l'envie et les idées, je continuerai !

La grille à télécharger : 16nov2009_ane_vert

1966, j'ai 8 ans. Comme souvent souvent, je me retrouve clouée au lit avec une angine. A l'époque, quand on était malade, c'était au lit, à la diète, Colubleu et cataplasmes... Avec un tel traitement, je ne risquais pas de jouer la comédie pour faire croire que j'étais malade. Tout plutôt que le Colubleu et les cataplasmes de moutarde.
L'amie de ma mère, qui venait souvent passer les après-midi avec elle à tricoter en écoutant la radio, m'a apporté un cadeau : oh, un livre !
Un clown triste qui ne dort jamais dans sa roulotte et qui jongle avec des oranges en plastique. Voilà un bien curieux personnage.
Les Six compagnons le trouvent plutôt sympathique et Kafi l'a tout de suite adopté. Il faut dire que le bonhomme n'a pas hésité à leur révéler quelques tours de magie...
Aussi, lorsque les gendarmes l'interrogent Tidou et sa bande sont effondrés. Leur ami ne peut pas être un voleur. Impossible !
Ce livre a été une révélation pour moi, et j'ai ensuite lu avec avidité quasiment tous ceux de la série des Six Compagnons.
Je parie que j'ai réveillé des souvenirs !

16 octobre 2009
100 enfants : Luciano, Jacques et Thomas
Et on continue dare-dare (et non dard-dard comme on le voit souvent écrit). Il faut rattraper le retard pris pendant l'été.
Pour cet objectif, trois garçonnets :
- en bleu : Luciano,
- le derrière dans l'herbe : Jacques,
- à droite : Thomas.

Thomas est le quatrième fils de ma soeur Martine. Il est resté longtemps le benjamin des cousins-cousines de cette lignée... jusqu'à l'arrivée d'Alice alors qu'il avait treize ans et demi. Son univers, c'est la nature, les fleurs, les animaux. Il rêve de devenir "élagueur d'arbres".

"Tomtom big foot" (petit nom affectueux mérité grâce à son pied du 46) a été pour moi le plus charmant des hôtes tout récemment dans son chalet de Provence.
Savez-vous pourquoi Jacques est ainsi sur les fesses ? Moi oui ! En fait, il vient de demander à Catherine "si elle voulait bien être son namoureuse", et elle a dit "oui, mais quand on aura dix-huit ans seulement". Et quand ils seront grands, ils se marieront.
C'est exactement ce qui s'est passé il y a eu trente ans cette année :

et Jacques en est toujours sur le c** !
Luciano : voilà un petit bidon qui abrite un bien grand talent. Je ne saurai dire s'il est le meilleur des ténors de tous les temps, s'il vient après Caruso ou avant Placido Dominigo. Pour moi il est le seul et l'unique, celui qui m'a fait découvrir l'opéra. Et tant pis si mon père trouvait qu'il chantait trop fort et faisait beaucoup de bruit ! Et tout arrivera malgré le tétanos qu'il contractera à l'âge de 12 ans et le laissera dans le coma.
Il était le soleil, la chaleur, la truculence, un sourire carnassier qui cachait un trac immense, le charme ... Je l'aimais.
Pour mieux connaître cet homme extraordinaire, vous pouvez visiter son site officiel ou lire différents ouvrages qui lui sont consacrés. Et surtout, écoutez-le chanter !

Mon arbre généalogique commence à avoir belle allure :
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)
07 octobre 2009
Un projet qui me trotte en tête
Quand j'était petite, il y avait dans le salon une table recouverte de carreaux de faïence. A l'époque où mes parents se sont installés, fin des années 50, elle était archi-moderne.
Combien d'heures ai-je passées à scruter ces carreaux, à essayer de déchiffrer la symbolique de ces dessins d'un certain Marchal. Un zèbre. Des serpents ou des vers de terre (devenus des spermatozoïdes avec le temps) ? Une poule avec un profil de femme ? Un insecte ou un grain de café ? Des feuilles. Des motifs géométriques. Un homme nu ?
Aujourd'hui, cette table est en piteux état. Tyson, l'affreux chien de mon neveu l'a cassée, des faïences sont décollées.
Alors, j'ai envie de la faire revivre en retranscrivant les motifs en grilles de point de croix. C'est du boulot, je sais (il y a 18 carreaux).

Seriez-vous prêt(e)s à me suivre si je me lançais ?
Non ? Pas grave, je le ferai quand même,
à mon rythme !
17 août 2009
Il y a 32 ans
Personne n'en a parlé, parce que ce n'est pas une année "ronde". Alors pas de réédition de disques, pas de livre scandaleux sur les amours, les moeurs, les vices (drogues, médicaments, ...). Peut-être aussi que tout a déjà été dit, écrit et inventé !
Et puis cette année on a "l'affaire Michael Jackson" pour alimenter les tabloïds.
Allez, je vous ressors un billet d'il y a trois ans. J'ai toujours été une "midinette" qui aime les stars dans leurs excès, leurs caprices, leur mauvais goût, leurs excentricité, leurs extravagances. Et je pleure quand elles meurent.
16 août 1977 : Elvis est mort
J'ai 19 ans, je suis amoureuse ... et j'ai obtenu l'autorisation de mes parents d'aller passer quelques jours chez les ceux de mon chéri, celui qui deviendra mon mari deux ans plus tard.
Au petit-déjeuner du 17 août , la stupeur ! Ai-je bien entendu ? Elvis Presley est mort.

Manifestement, cette nouvelle ne dérange personne dans la famille de mon chéri. Jacques et son frère Patrick pensent à se préparer pour aller travailler (ils ont un summer-job chez Conforama) ; ma future belle-mère vaque déjà à ses occupations ménagères. Elle est une très bonne cuisinière. Mon futur beau-père continue de siffler allègrement : il fait beau, il est douché et rasé de frais, les fleurs et les haricots verts poussent bien dans le jardin ... la vie est belle.
Et moi, je suis là devant mon bol de café au lait, consternée, et surtout toute seule à être consternée. En fait, il y a une chose à laquelle je n'ai pas pensé : dans cette maison, à part moi, personne ne sait qui était Elvis. Je n'ai personne à qui en parler. Je peux juste téléphoner à ma mère, mais à l'époque, le téléphone n'est pas ce qu'il est maintenant. Pas de portable, il faut courir pour trouver une cabine téléphonique, et quand on n'a pas de sous, c'est forcément trop cher.
Chez Pépé-Mémé, j'ai le droit de téléphoner à certaines heures uniquement et pas trop longtemps. Pourtant, j'ai vraiment envie de partager ce que je ressens avec quelqu'un qui peux me comprendre.
J'ai espéré en savoir un peu plus aux informations télévisées, et peut-être avoir le droit de regarder les hommages. Mais le journal, on le regarde en mangeant, et entre les cliquetis des couverts et les discours de Pépé, je n'ai rien entendu. Quant aux hommages, pas question : on n'allume pas la télévision dans la journée.
J'ai 19 ans et je suis toute seule dans cette maison
à regretter le décès d'Elvis.
21 juillet 2009
Et moi, et moi et moi !
Il y a quarante ans,
- nous étions en vacances d'été à l'Ile de Ré,
- j'allais entrer en 6e à la rentrée des classes suivante,
et 40 ans après, on en parle encore parce que ce 21 juillet-là allait devenir historique :
Je fêtais mes onze ans !
Même que Lance Armstrong(*) a déclaré : "C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité"
(clic-droit sur l'image pour visiter le lien)

Il y a quarante-sept ans, c'était le jour des mes 4 ans :
cette année-là, Martine n'avait que 7 mois alors nous n'étions pas partis pour les vacances d'été. J'avais mis ma belle robe bleu ciel pour mon anniversaire, et Jean-Marc (2 ans 1/2) sa "cravate d'homme".

Jean-Marc, je viens dimanche ! J'aimerais tant que tu mettes une belle cravate en mon honneur !
Heureux anniversaire à
Cat Stevens (61) : Oh very young, what will you leave us this time, you're only dancing on this earth for a short while ... (message personnel : dis copine, quand c'est écrit, tu reconnais mieux que quand je chante ???)
Sarah Biasini (32),
Robin Williams (57),
Charlotte Gainsbourg (38),
Sim (83), le parfait jumeaux de mon oncle Joël.
et à d'illustres inconnus qui ont croisé ma vie : Jean-Claude et surtout toi Luc qui es mon vrai jumeau !
Merci Jean-Luc car grâce à toi je sais que l'astrologie n'est pas pour grand chose dans ce que nous sommes : être né le même jour et être si différents en est la preuve !
(*) ah bon, c'est pas Lance Armstrong qui a dit ça ?
16 juillet 2009
100 enfants : Jean-Claude, Yannick et Jacques-Henry
Encore trois petits garçons pour cet épisode des 100 enfants :
deux sportifs français, Jean-Claude et Yannick,
un petit garçon espiègle, mon cousin Jacques-Henry.

Jean-Claude (en rouge) a été une véritable idole nationale en remportant trois titres aux Jeux Olympiques de Grenoble en 1968, sur trois compétitions auxquelles il a participé. Les épreuves se déroulaient à Chamrousse, domaine skiable sur lequel j'ai eu l'honneur de me casser une patte l'année suivante !
Pour tous, Jean-Claude Killy est devenu Toutoune, à qui Hugues Aufray avait dédié une chanson dont il interprétait le refrain avec l'accent dauphinois : "C'est tout bon" (clic droit sur le lien pour entendre la chanson)
Va doucement, c'est tout bon,
C'est tout bon, bon, bon
C'est tout bon
Killy, c'est bon,
C'est bon, c'est tout bon
Va doucement
C'est tout bon.
Plus de 40 ans après, quand je vois Jean-Claude Killy à la télévision (il est très impliqué dans l'olympisme), j'ai toujours en mémoire l'émotion que nous ressentions quand il prenait le départ des courses de ski.
Yannick en bleu est le dernier tennisman français à avoir remporté le tournoi de Roland Garros. On en parle chaque année depuis ... 1983. Depuis, il a posé sa raquette (sauf pour des tournois organisés pour des organisation caritatives) et l'a troquée contre un micro. Il est devenu un chanteur populaire et remporte régulièrement le titre de personnalité la plus aimée des français.
Jacques-Henry est mon cousin. C'est un enfant espiègle, drôle, toujours prêt à faire le clown. Il faut dire qu'il a un public de choix : quatre soeurs en admiration devant ce frère qui n'en loupe pas une pour se faire remarquer.
Les cousins de Boulogne - fin 1962
Dans notre famille, quand un jeune garçon fait l'imbécile il se fait reprendre vertement : "Arrête de faire ton Jacques-Henry !"
Bien que vivant à Boulogne-sur-mer, et nous à Grenoble, nous nous voyons régulièrement, surtout dans les années 60/70, car mon oncle et ma tante aiment notre région et viennent chaque année y passer plusieurs semaines pendans les vacances d'été. Ce sont des moment formidables : ma mère et sa soeur se retrouvent, les beaux-frères partagent leurs hobbies, et les huit enfants évoluent en quatre paires inséparables :
- Marie-Christine et Françoise, les deux soeurs aînées de Jacques-Henry
- Jacques-Herny et mon frère Jean-Marc, les deux seuls garçons de cette tribu,
- Laurence et Martine (ma soeur), nées toutes les deux le même mois et la même année,
- et Marianne et moi qui n'avons que quelques mois d'écart !
Et en plus de toute cette smala, il y avait la gentille Milou, marraine de mon oncle et nounou de mes cousins qui s'occupait de toute l'intendance et préparait des tartes incomparables selon sa recette : la tarte Milou !

juin 1966 : la communion de Marie-Christine (*)
Laurence à disparu ?!?
Aujourd'hui, Jacques-Henry devrait avoir 52 ans. Mais en septembre 1984, il nous a fait la pire pitrerie de sa vie. Un soir de ducasse, il a enfourché la moto d'un copain pour l'essayer. Le copain s'est assis derrière lui. Premier virage, une voiture. Deux morts : Jacques-Henry et le propriétaire de la moto.
Il avait 27 ans. Sept mois plus tard, sa petite épouse a mis au monde leur fils Damien.
Jacques-Henry, j'aurais tant aimé te souhaiter
un heureux anniversaire aujourd'hui !
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(*) Pour ceux qui ne me trouvent pas souriante sur la photo, je précise : je viens de passer un temps qui m'a paru interminable enfermée dans les toilettes. La fête avait lieu dans une école, dont les WC fermaient de l'intérieur ET de l'extérieur. Quelqu'un a dû trouver rigolo de tirer le loquet alors que j'étais à l'intérieur. J'ai hurlé tout mon soûl avant que Milou, la gentille nounou de mes cousins ait la bonne idée de venir faire pipi... et me délivrer !
11 juillet 2009
Aujourd'hui, il a 113 ans
C'est un être exceptionnel qui a eu une vie romanesque.
Né à Port-Saint-Père en Loire-Atlantique dans une famille catholique,

à Port-St-Père (env. 1898)
Joseph-A., ses parents et sa soeur aînée Rose (*)
Joseph-A. fera ses études de théologie en Angleterre, lesquelles le conduiront au protestantisme, puis au pastorat.
Vers 1920, au cours d'une de ses missions d'évangélisation à Constantine en Algérie, il rencontrera Jeanne, une brillante et jolie jeune femme, institutrice, catholique et fiancée de surcroît. Il repartira d'Algérie avec la jeune Jeanne dans ses bagages.

Ses obligations pastorales les feront voyager un peu partout en France, et plus particulièrement dans le Limousin et l'Ouest. En 1924, Henriette naîtra, mais ne survivra que quelques heures. Elle repose dans le petit cimetière de Villefavard (Haute-Vienne) où le couple habitait à l'époque. Puis arriveront Joël en 1926 et Jean-Luc en 1928.

Le pastorat conduira la petite famille à L'Ile de Ré (La Flotte) où ils tiendront une auberge de jeunesse. Ensuite, ils iront à Loix ; Jeanne y exercera son métier d'institutrice. Lui sera pasteur au temple de Saint-Martin et voyagera beaucoup à travers l'Europe.
En novembre 1938, le drame : Jeanne meurt en mettant au monde le petit Olivier. Joseph-A. alors en conférence en Hollande n'arrivera pas à temps à son chevet, une tempête empêchant la traversée du continent vers l'Ile. Jeanne et Olivier reposent au cimetière de Saint-Martin-de-Ré.
Joseph-A. restera seul avec ses deux fils : Joël, 12 ans et Jean-Luc, 10 ans et demi seulement. Les enfants seront placés chez une de leurs tantes maternelles, qui elle aussi est revenue en France par amour. Aimée est la sœur aînée de Jeanne ; elle s'occupera de ses neveux avec beaucoup de bonté et d'attention.
En 1939, bien que veuf avec deux enfants à charge, Joseph-A. (âgé de 43 ans) sera mobilisé pour la seconde guerre mondiale. Il aura déjà combattu dans l'armée française pendant la première guerre.
A son retour de guerre, il abandonnera le pastorat qui ne nourrit pas son homme, et a fortiori une famille, et prendra la direction d'un hospice dans l'Oise, à Attichy.
C'est homme brillant, intellectuel, austère, mais généreux, un homme de lettres et de plume qui n'a jamais cessé de s'instruire.
Ce grand-père -qui au cours de ses vieux jours a vécu plusieurs années avec nous, puis en Belgique chez sa sœur "papiste", puis est revenu chez nous pour finalement rejoindre son fils aîné dans l'Oise- n'a jamais cherché à nous "convertir" et n'a jamais fait état de ses faits de guerre et de résistance.

A Creil en novembre 1962.
Pépé avec Catherine, Martine sur ses genoux et Jean-Marc
Derrière : le buffet du grand-père qui est chez moi maintenant.
Il sera un grand-père aimant et heureux d'avoir trois petits-enfants, mais peu démonstratif, comme le sont les protestants. Je suis fière d'être sa petite-fille.
Bien sûr, ce grand-père -à qui personne n'a jamais connu de compagne- est décédé (en 1974) ; il repose aujourd'hui au cimetière de Senlis. J'ai découvert une bonne partie de sa vie autre que familiale au moment de son enterrement, grâce au discours prononcé par le Pasteur qui officiait à ses funérailles.
Il ne célèbrera donc pas ses 113 ans aujourd'hui, mais il continue à vivre dans notre famille ; mes enfants et mes neveux le connaissent à travers les récits mon père, et nos souvenirs d'enfance aussi. Il est "Le" grand-père, pour nous tous.
On le soupçonne d'ailleurs d'être toujours de ce monde, et plus précisément dans la bonnetière qui est aujourd'hui chez ma soeur. Quel que soit l'endroit où est placée cette bonnetière (et c'était déjà ainsi chez mes parents)... on la retrouve toujours les portes ouvertes !
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(*) Merci à Bernard (l'un des petits-fils de Rose) qui m'a transmis cette photo.
04 juin 2009
100 enfants : Ferdinand, Didier et David
Aujourd'hui, ça devrait aller vite pour évoquer les enfants que j'ai brodés. De deux d'entre eux, je ne connais quasiment rien, voire rien.

Sur le dos, tel une tortue retournée, Ferdinand. Je ne le connais pas... je sais juste qu'il se prénomme Ferdinand.
A quatre pattes, c'est Didier. Lui je l'ai bien connu. Il est là, parce que malgré tout et surtout depuis que je n'ai plus travaillé avec lui, j'ai beaucoup de sympathie pour lui. Mais il a été ma hantise pendant quelques mois : j'ai été son assistante, ce qui pour lui voulait un peu dire "bonniche", "femme à (presque) tout faire"... et le tout avec le sourire, ce qui évidemment me faisait bouillir. Je vivais ce harcèlement psychologique comme une injustice, parce que je n'étais pas venu à ce poste pour travailler avec lui, mais en attendant que je me libère de mon autre fonction, les filles en place avaient joué un savant jeu de chaises musicales, et quand je suis arrivée, on m'a annoncé que c'était lui le chargé d'affaires dont je devrais être l'assistante. Après tout, malgré mes presque quarante ans, c'était moi la nouvelle !
Je dirais de lui : "on commence par chercher la petite bête sur un terrain de foot à 7 ans, et on devient chargé d'affaires enc***** de mouches dans une multinationale quelques années plus tard".
Oui Didier, si tu passes par là : même si maintenant j'en ris, tu m'as fait souffrir.
Quant au dernier enfant, le plus "massif", c'est évidemment David. Un grand champion dans un sport auquel je n'ai jamais rien compris malgré beaucoup d'efforts et d'attention pendant les jeux des diverses olympiades d'été : le judo.
Je n'ai compris qu'une chose : celui qui fait 一本 a gagné.
Le match a été court : Jacques a fait 一本, Shanghai a perdu !

David c'est aussi le parrain de l'opération "Pièces Jaunes" depuis 1997.
Mais quand on fait des recherches sur son nom dans Google, on trouve aussi des articles comme "David Douillet chauffard", "David Douillet : ses chiens terrorisent le quartier", "David Douillet à la direction de l'UMP ?"... comme quoi la maîtrise, c'est uniquement sur le tatami.
Ah oui, 一本 veut dire IPPON !
27 mai 2009
Mais que devient Bénédicte ?
Depuis maintenant presqu'un an, Bénédicte n'a plus de connection internet. Quand il faut gérer un petit budget, des coupes sombres sont nécessaires si on veut continuer à vivre normalement. Chez Bénédicte et René, c'est internet qui est passé à la trappe pour pouvoir s'offrir de petits extras.
Ce jours-ci, ils sont dans la région de Nîmes où commence la féria, spectacle que René ne voudrait manquer en aucun cas.

Le programme de leur journée est visite du Moulin de Daudet, les Baux de Provence et les Alpilles. Nous n'aurons pas de photos d'elle, parce que son téléphone n'envoie pas de MMS ![]()
Après les spectacles tauromachiques, ils rentreront par les Cévennes où ils s'arrêront quelques jours. Ils ne pensent pas être de retour à la Bresse avant mardi prochain. C'est Nolan qui va être heureuse de les retrouver, parce que pour elle, c'est la pension en ce moment !
Pour Bénédicte, ce 27 mai est une journée importante :
sa fille Lydie a 30 ans 
Voilà, vous en savez (presque) autant que moi !
Pour les illustrations, étant donné que Bénédicte ne peux pas envoyer de photos, je fais ce que je peux, avec ce que j'ai ! C'est presque comme si vous y étiez... à 26 ans près !

18 mai 2009
Don d'organe : grande cause nationale 2009
Il y a dix ans aujourd'hui, c'était les funérailles de mon père, qui ont été suivies moins de trois semaines après de celles de ma mère.
Le don d'organes, de sang, de plaquettes et de moelle osseuse ayant été choisi par le Premier Ministre comme thème de la "grande cause nationale 2009" , je peux témoigner de ce que j'ai vécu à la mort de ma mère.
Puisse mon témoignage interpeler ne serait-ce qu'une personne qui le lira, j'en serais très heureuse.
![]()
Au moment de l'annonce du décès de mon père et sous l'effet du choc, ma mère a été victime d’une hémorragie méningée le 16 mai 1999.
Après quelques jours de coma, elle semblait remonter la pente, mais était surveillée par les médecins comme le lait sur le feu : pendant une quinzaine de jours après une première hémorragie, le diagnostic restait réservé.
Malheureusement, moins de deux semaines après la première, ma mère a subi une deuxième hémorragie méningée à laquelle elle ne devait pas survivre. Elle décèdera au bout de huit jours de coma.
Pendant ces huit jours, et suite aux divers entretiens privés avec les médecins réanimateurs, nous nous sommes posé la question, mon frère, ma soeur et moi : "et si on nous demande pour le don d'organes, qu'est-ce qu'on fait ?".
Nous pensions peu probable que l'on nous pose la question pour les organes de notre mère, âgée de 60 ans. Mais puisque nous étions dans le service de réanimation de neurochirurgie sur les murs duquel étaient épinglées plusieurs affiches d'information, nous étions donc conduits à réfléchir sur le sujet. Et naturellement, la réponse était : "Si on nous demande, il faut dire oui".
Il faut préciser que plusieurs fois au cours de sa vie, en plaisantant, ma mère avait dit : "Quand je mourrai, je veux qu'on m'enlève mon coeur, pour ne pas être enterrée vivante !" Outre cette boutade, elle s'était à plusieurs reprises prononcée pour le don d'organes.
Le 4 juin au matin, j'ai été contactée par le médecin réanimateur qui suivait ma mère : elle était décédée. Elle avait subi deux électroencéphalogrammes qui s'étaient révélés plats, la mort cérébrale était prononcée. Elle avait l'apparence de la vie, uniquement maintenue par les appareils d'assistance respiratoire. Il voulait notre accord pour le prélèvement d'organes.
Nous avons pu voir notre mère en début d'après-midi ... elle était comme les jours précédents. Nous avons pu lui dire au revoir. Le corps devait partir au bloc opératoire à 15 heures. A partir de ce moment là, nous avons été assistés par une infirmière coordinatrice (une jeune femme sensible et très à l'écoute des enfants un peu paumés que nous étions).
Après le prélèvement, elle nous a informés que le coeur, le foie, un rein, les cornées avaient été prélevés, et que le corps de notre mère avait été transféré au centre funéraire où nous pourrions la voir dès le lendemain.
Mon frère, ma soeur et moi redoutions cette visite. Dans quel état allions nous retrouver notre mère ?
Mon frère est entré le premier dans le petit salon. Il a sursauté et fait un pas en arrière. Ma soeur et moi nous attendions au pire. Et si elle était méconnaissable ? Et si elle avait été abîmée par les prélèvements ?
En fait, ce qui a choqué notre frère, c'est que notre mère était belle comme elle ne l'avait plus été depuis longtemps. Le masque de souffrance qu'elle avait arboré durant toute l'agonie de notre père s'était envolé. On aurait dit une poupée de porcelaine. Qu'elle était belle et paraissait si jeune !
Les médecins avaient fait très attention à restituer à ses enfants un corps présentable, et les thanatopracteurs du centre funéraire de Grenoble avaient fait un travail remarquable.
Si vous avez un doute aujourd'hui, je peux vous dire de ne pas avoir peur : le corps de la personne vous sera restitué tel que vous l'aimiez, même si les organes vitaux ont été prélevés.
Une dizaine de jours après le décès de ma mère, j'ai été appelée par l'infirmière coordinatrice qui nous avait si humainement assistés dans notre démarche. Le coeur de ma mère battait dans la poitrine d'une femme de 63 ans, son foie avait été greffé à un homme d'une quarantaine d'années. Je n'ai pas eu de détails pour les cornées et le rein. Quant aux vaisseaux, ils avaient été mis en culture et serviraient pour des interventions chirurgicales futures.

Ma mère n'est pas morte pour rien, et même si je ne saurai jamais si les receveurs ont survécu à leur greffe, il m'est bon de savoir que plusieurs familles ont eu un jour de l'espoir grâce à elle.













