09 août 2009
Le Bistroquet à Belfort (90)
Alors là, voilà une table que je recommande : le cadre est typique, l'accueil sympathique et détendu, et la table copieuse et peu onéreuse.
Pourtant, nous aurions pu terminer notre soirée au Courtepaille ! Il était 21 heures passées quand nous sommes arrivés au Bistroquet, brasserie que j'avais remarquée le midi-même par sa jolie façade.

Malgré l'heure , le patron nous a acceptés tous les trois... plus Monsieur Shanghai.
Notre intention était de manger léger, et autre chose qu'un steack haché ou non avec des frites.
Pour moi, ce sera juste une petite salade paysanne :

Oups la salade ! Je me suis régalée avec les fromages de chèvre tièdes avec des herbes posées sur un petit toast de pain grillé, filets et magrets de canard.
Frédéric a choisi la "planche du patron", composé de charcuterie locale, pommes de terre à la "je ne sais pas quoi", salade.

Quant à Jacques, c'était une fricassée de viande aux champignons, accompagnée de légumes et salade.

Autant dire que la surprise a été de taille quand nous avons vu arriver les assiettes si copieuses.
Bien que le choix de vins soit très sûr et bon marché, nous avons tourné à l'eau gazeuse. Avec les desserts et les cafés, l'addition s'est élevée à moins de 70 Euros.

En voilà deux qui ont bien apprécié.

Pour trouver, ce n'est pas difficile :
face au Cinéma des Quais,
08 août 2009
Restaurant "Le Santon"
Préambule :
santon, nom masculin Figurine en terre cuite originaire de Provence, que l'on place dans la crèche à Noël.
Nos (toute) petites virées nous permettent de découvrir, outre les Courte-Paille de France, des tables tout à fait charmantes, où l'accueil est souvent des plus agréables, surtout si on y offre une gamelle d'eau à Monsieur Shanghai.
C'est ce qui nous est arrivé fin juin dernier. Un vrai moment de détente et de calme dans un week-end bien tourmenté par le déménagement de Frédéric. Et pourtant, comme il était tard ce dimanche quand nous nous sommes inquiétés d'aller déjeuner, nous avons eu peur de finir au Mc Do local !
Heureusement, au détour d'une route, nous sommes arrivés au Santon.

La salle à l'intérieure était pleine à craquer, et c'est avec plaisir que nous avons accepté de déjeuner en terrasse.
Un décor charmant, peu de monde (et dès qu'un couple et leurs deux enfants turbulents ont été partis tout fut très paisible), nous avons mangé sous le regard du chat, bien intrigué par toute l'attention portée par sa maîtresse à Monsieur Shanghai.

Nous avons choisi le menu de base, à moins de 20 Euros par personne, auxquels il fallait ajouter les boissons et les cafés.

Outre la bonne humeur de la responsable, nous avons eu pour ce prix :
Une salade avec des crevettes sauce cocktail. Très frais, peut être fait à la maison sans difficulté !

Du veau en cocotte avec des champignons (pas des champignons de Paris, des champignons des bois) et des légumes : carotte, brocoli, haricots verts et patates.

Une meringue glacée sur laquelle la crème Chantilly avait bien du mal à tenir. Ce n'était la faute de personne s'il faisait lourd et que le temps était à l'orage !

Ah, nous avons bien mangé !
Dehors, les cerisiers desquels proviennent les fruits de la fameuse tarte aux cerises qui remportait un franc succès... sauf que les cerises n'étaient pas dénoyautées !

Mais où étions-nous donc ? Non, pas en Provence ! Nous étions à Chaux, sur la route du ballon d'Alsace, dans le Territoire de Belfort !
LE SANTON RESTAURANT
2 GRANDE RUE
90330 CHAUX
Tel: 03 84 29 08 15
Comme quoi, en Franche-Comté,
on ne vous sert pas que de la cancoillotte
et des saucisses de Montbéliard !
Ô temps ! suspends ton vol
A la table derrière la nôtre, un monsieur qui avait largement l'âge d'être mon père déjeunait avec sa maman très, très âgée. Même si nous ne voulions pas écouter leurs conversations, nous étions obligés de les entendre, puisque la dame était un peu sourde...
J'ai été attendrie par ce couple, ce monsieur âgé qui sortait sa maman un dimanche, et surtout cette maman endimanchée qui redoutait de tâcher son chemisier. Elle était si reconnaissante envers son fils qu'elle l'a remercié plusieurs fois de prendre soin d'elle.
Pourquoi ponctuait-elle toutes ses phrases de ce vers de Lamartine ? Ce devait être le bonheur de partager un moment privilégié avec son fils.
25 juillet 2009
Une boucle le long de la Savoureuse et le Square du Souvenir - Belfort (90)
Ces derniers jours, j'aurais donné cher pour refaire cette promenade rafraîchissante le long de la délicieusement nommée "La Savoureuse".

Nous avons commencé cette boucle par le sud du Square du souvenir, théoriquement la sortie... et pourquoi pas ?

Le Square du Souvenir (1) a été spécialement aménagé pour accueillir un monument aux morts en hommage aux combattants de la première guerre mondiale. Il est situé à l'emplacement d'un ancien champ de foire.
Le square fut terminé en 1927. Une fois le portail monumental mis en place, la statue d'un poilu et deux fontaines furent installées. Ils furent rejoint en 1929 par le "Gaulois mourant", douloureux marbre de Léon-Alexandre Delhomme :


Au centre du Square, le Monument aux Morts de la Grande Guerre datant de 1924.

Dans le jardin, de nombreuses stèles aux morts pour la France.

Bassin, abreuvoir des pigeons qui se sont tous envolés à notre arrivée (merci Monsieur Shanghai pour ta discrétion). On voit une tête de lion qui orne plusieurs statues et monuments dans Belfort.

Et voilà le portail monumental !

"Le Poilu", bronze de 2,10 mètres de haut assure la garde à l'entrée du square. Cette statue a été offerte à la ville par des donateurs.

La Passerelle des Arts (2) très fleurie, avec au fond la Maison des Arts (9). Photo prise en regardant vers le Sud.


Vue prise de la Passerelle des Arts, en remontant sur le plan (donc vers le nord) !

Tout le monde pense la même chose en regardant cette photo. Mais non... Jacques admire les poissons !

Le Pont Carnot (3), enjambant La Savoureuse. C'est écrit dessus !

Vue du Pont Carnot sur la Place Corbis et le Faubourg des Ancêtres.

(sur le toit pointu, la girouette est un lion)
La place Corbis et ses jeux d'eau (4) devant le Théatre Le Granit (5).
Ancien et moderne se cotoient grâce à un bâtiment d'origine (1877) et deux rénovations (1932 et 1933). Jean Nouvel est l'auteur de la deuxième rénovation qui ouvrira le Théatre sur la Savoureuse avec une façade vitrée (bien visible de l'autre quai, et notamment sur la photo du Poilu)

Je me suis bien marrée !

Pendant que je m'attardais dans le Jardin du 700e (6), Jacques flânait autour de l'Odéon (7) . Je n'ai touvé nulle part d'indication concernant la construction et les sculptures de ce théatre à ciel ouvert.



Sur la façade de La Maison des Arts (8) , une sculpture en résine polyester de Paul Gonez : l'Eveil.

Pont Denfert-Rochereau (9) : la boucle est quasiment bouclée puisque nous repassons sur la Savoureuse.

Maisons belfortaines, prises du pont.

Au fond, à gauche, la Citadelle.

La voiture est garée à l'ombre, ouf. Nous partons chercher Frédéric pour aller déjeuner au restaurant.
Pour plus d'informations sur les monuments historiques de Belfort, voir Mérimé, le site du Ministère de la Culture ou le site Patrimoine de France.
15 juillet 2009
Le Jardin du 700ème à Belfort (90)
Voilà un endroit charmant sur lequel nous sommes tombés par hasard, au cours de notre petite promenade dominicale, avant de reprendre la route pour Grenoble.

Derrière le théatre, un jardin pas comme un autre : le Jardin du 700ème créé il y a deux ans autours des vestiges reconstitués de l'ancien couvent des Capucins fondé en 1619.




J'allais donc voir successivement "Le Jardin des Simples", "Le jardin du Cloître", Le Jardin Courtois", une haie de tilleuls, et l'intérieur des pièces d'habitation du couvent devenu "Le Jardin Romandique".
C'était sans compter sur mon esprit quelque peu brouillon qui fait que j'ai tout vu dans le désordre, et que j'ai eu bien du mal à remettre mes photos dans l'ordre !
A ne pas suivre le sens du jardin, je n'ai pas souvenir de la haie des tilleuls. A moins que ce ne soit la photo ci-dessous.

Par contre, pour les autres jardins, tout est revenu dans le bon ordre, comme par magie !


J'aurais volontiers passé plus de temps à déchiffrer les étiquettes des plantes aromatiques, mais j'étais dérangée. Un jeune homme assis sur un banc était en train de se rouler une espèce de machin à fumer... et c'est moi qui me suis sentie gênée et qui suis partie !


Merveilleuse rose trémière...




C'est dans le jardin romantique que je m'attendais à trouver les plus jolies fleurs, des roses notamment. Eh bien non : le jardin romantique est cultivé de mauvaises herbes ! Pour être sauvage... c'est sauvage !


C'est néanmoins ce carré que M. et Mme Pigeon ont choisi pour se dire leur amour !

Si vous passez par Belfort, ce jardin se situe sur les quais de La Savoureuse et fait partie de la promenade François Mitterrand très pratiquée par les cyclistes et les amateurs de rollers.
10 juillet 2009
Promenade au square Carlos Bohn (Belfort-90)
On se met en situation. C'est la fin de la journée, il fait doux sous le soleil couchant. Après la frénésie du marché, la ville de Belfort a retrouvé son calme.

Pour la dizième fois de la journée au moins, nous passons devant ces grilles auxquelles je trouve tant de charme. Combien de grilles de point de croix ont repris ce motif de roses art déco ?
Dommage, les murets sont usés, et on ne voit pratiquement plus les roses gravées sur les petits piliers.

Je vais faire un tour au Square Carlos Bohn, que les belfortains appellent "La Roseraie".

Je n'ai rien trouvé sur le net qui indiquerait qui était Carlos Bohn, appellation officielle du square. Alors si des belfortains, ou des historiens qui passeraient par ici, pouvaient me renseigner, je les en remercie par avance. Attention, ne pas confondre avec Carlos Ghosn, PDG de Nissan !
[Mise à jour de 11 heures (merci Paulette ♥) : Carlos Bohn était le patron de la Société Alsacienne de constructions mécaniques, devenue Alstom].
La place Carlos Bohn fut de 1891 à 1931 la place du Marché du faubourg. A l'instigation du Maire de la ville, Lévy-Grunwald, la municipalité décide, le 29 novembre 1930, de la transformer en un square composé de deux parties: une roseraie jusqu'au kiosque à musique et un jardin de pelouse au-delà. Je n'irai pas au delà de la roseraie !
Petite promenade dans les allées qui partagent la roseraie en quatre quartiers : Franche-Comté, Villes et monuments, Meilland, artistes et hommes célèbres ; les roses ont subi de fortes pluies et sont une peu tristouilles.


Les allées sont bordées de buis.



Des pergolas et des tonnelles accueillent les variétés de rosiers grimpants.



Le roseraie compterait près de 3250 rosiers (environ 130 variétés différentes). Tous portent un nom !


J'aime particulièrement le nom de celle-là ↓ ![]()

Le kiosque, qui sépare la roseraie du parc, reçoit régulièrement des animations musicales. Tous les samedis du mois de juin, l'Harmonie de la Ville de Belfort s'y produit dans le cadre de Kiosque en Fête.

En 1932, l'agencement du square est complété par la statue de "La Tendresse", oeuvre du sculpteur Jean Camus. Cette statue est dédiée «à la tendresse universelle, pour la paix des hommes» (inscription gravée sur le socle de la statue).

Une dernière photo pour la route :

Monsieur Google, qui ne m'a pas beaucoup aidée pour ce petit billet, prévoit une journée pleine d'électricité.
J'espère que cette petite promenade
vous aura apporté un peu de détente !
08 juillet 2009
Belfort (90), la citatelle et le lion
Bénédicte m'en a tellement parlé que je ne pouvais pas, après notre virée loupée à cause de la neige en début d'année, aller à Belfort sans voir le fameux Lion.
C'est d'ailleurs là que j'ai cru décéder ! Après une journée crevante, avant d'aller dîner, j'ai voulu aller dans la vieille ville, avec la ferme intention de monter à la citadelle. J'étais la seule à l'avoir, Jacques et Frédéric étant harassés, puisqu'ils avaient fait Leclerc et Conforama dans l'après-midi, et leur idée fixe était de manger et aller se coucher (surtout que le matin, nous avions fait le déménagement Nancy/Belfort de Frédéric !)
Nous voilà arrivés sur le parking de la vieille ville. Pas de place pour se garer. Mais entre les feuillages, on le voit le Lion. Jacques me parachute en me disant de me grouiller pour mes photos. Promis, je monte cette envolée de marches en grès, je photographie mon Lion et je redescends.

Après le bouquet d'arbres, il apparaît, majestueux face au soleil.


Mais je suis sûre qu'on peut mieux le voir. Allez encore quelques marches.
Bon, après cet escalier en ferraille (à droite sur la photo), raide et casse-gueule, je redescendrai. Je reconnais qu'à mi-hauteur, j'ai été tentée de faire demi-tour !

Arrivée en haut de l'escalier, mon appareil-photo sonne : mes deux hommes sont inquiets. Et Frédéric le devient encore plus quand il m'entend répondre le souffle hâché que c'est superbe, c'est beau, la lumière est magnifique et si ça se trouve il pleuvra le lendemain. Je veux voir le Lion !!!!
En chemin, je photographie la citadelle :


J'arrive au pied du Lion, enfin plutôt au dos du Lion !


Un tunnel... il devrait me mener à la face du Lion.

Je l'emprunte et seule au milieu, c'est la peur panique : je ne sais plus si je dois continuer ou rebrousser chemin. J'ai trop la trouille, je suis toute seule, et si..., et si.... Je fais demi-tour et là, je tombe nez-à-nez avec Jacques, Frédéric et Monsieur Shanghai venus à ma rescousse. Ils sont mignons, ils ont eu peur pour moi !

Frédéric rouspète un peu, et me certifie que de toutes façons je ne verrai rien de plus que ce que j'ai pu voir, parce qu'à l'issue du tunnel il y a une grille fermée à 18 heures.
← Là, les jambes en compote, le cheveu en bataille et la figure défaite, je suis vraiment fière de moi. Fatiguée d'y être arrivée malgré le fardeau que je trimbale en permanence. Je n'aurais jamais cru en être capable ! M. Shanghai qui vient de faire le même trajet est frais comme... un chien en pleine forme.
Clic-clic, quelques photos de la ville sous un joli coucher de soleil.


Mais qu'est ce qu'on entend ? Qui c'est qui crie comme ça ? Des cris d'hommes, assez angoissants ma foi. En fait, la maison d'arrêt est au coeur de la vieille ville (bâtiments au 2e plan, derrière une école sur la photo). Les détenus s'interpellent de cellule en cellule, et font aussi passer des messages à leurs amis à l'extérieur.

Allez, on va manger !
C'est finalement le lendemain, en nous promenant le long de la Savoureuse, que nous avons mieux vu le Lion...

... surtout en zoomant !

C'était ma dernière image de Belfort... jusqu'à la prochaine fois.
29 juin 2009
Nancy, Belfort et Michael
Bizarres ces trois jours.
Déjà, je suis partie crevée, parce que j'ai eu la mauvaise idée d'écouter la radio jeudi soir. Alors j'ai vécu en direct l'hospitalisation, l'annonce de la mort, les démentis, puis la confirmation du décès: Michael Jackson est mort, et pour moi ces mots là ne vont pas ensemble. Comment cet être qui a passé sa vie à courir après la jeunesse et à qui on ne donnait pas d'âge pouvait-il mourir ? J'ai écouté la radio pratiquement toute la nuit, comme si ça avait pu le faire revenir.
Dire que nous avons fait le trajet en sa compagnie va de soi, car aucune radio ne parlait d'autre chose. Beaucoup de bla-bla-bla, l'intervention de "spécialistes" un peu sonnés par la nouvelle, et quelques chansons souvent coupées.
En arrivant à l'hôtel, il y avait la presse du jour : l'Est Républicain est l'un des rares journaux français qui n'avait pas bouclé son édition quand la nouvelle a été confirmée.


A part, ça, c'était comme d'habitude j'ai vécu trois jours au pays de Oui-Oui. Tout s'est bien déroulé.
- Sur l'autoroute, le coq en fer de l'aire du Poulet de Bresse est toujours là :

- Les animaux ont toujours leurs passerelles pour traverser sans risquer de se faire écraser :

Bon, il a un peu plu sur la route à l'aller, juste de quoi faire que les voitures s'arrêtaient brutalement sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute, quitte risquer de créer un carambolage monstre ; mais nous sommes arrivés à bon port sains et saufs.

Oui, nous avons passé de très bons moments avec Frédéric, à l'origine de cette petite virée puisqu'il déménage, encore une fois !

- Non je n'ai pas eu mal aux pieds d'avoir beaucoup marché,

- ni mal aux articulations d'avoir grimpé des escaliers, et encore des escaliers !

(merci Frédéric de porter mon sac !)
- Non je n'ai sûrement pas grossi d'avoir trop mangé :

- Ok, Jojo m'a posé un lapin


- mais tous les autres animaux étaient bien là :

- et le lion de Belfort aussi :

- Non, je n'ai pas brodé, bien que j'avais prévu le nécessaire pour avancer l'Enfance d'Isa Vautier ; je n'ai pas lu non plus : dans mes moments de détente, j'ai regardé la télévision.

- Non, Monsieur Shanghai (ou Ginette quand il est bien coiffé) n'a pas tellement apprécié la chaleur, mais il a su trouver des remèdes imparables,

- Et pour finir : oui, les roses étaient plus belles à Nancy et Belfort qu'à Grenoble, forcément !

Je vous offre celle-là pour commencer, et plus à venir dans les prochains billets !
13 avril 2009
Le rouge et le noir
Blurp ...

«J'ai assez vécu pour voir que différence engendre haine.»
[ Stendhal ] - Extrait de Le Rouge et le noir
CHAPITRE PREMIER
Une petite ville
Put thousands together
Less bad,
But the cage less gay.
Hobbes
La petite ville de Verrières peut passer pour l'une des plus jolies de la Franche-Comté. Ses maisons blanches avec leurs toits pointus de tuiles rouges s'étendent sur la pente d'une colline, dont des touffes de vigoureux châtaigniers marquent les moindres sinuosités. Le Doubs coule à quelques centaines de pieds au-dessous de ses fortifications, bâties jadis par les Espagnols, et maintenant ruinées.
Verrières est abritée du côté du nord par une haute montagne, c'est une des branches du Jura. Les cimes brisées du Verra se couvrent de neige dès les premiers froids d'octobre. Un torrent, qui se précipite de la montagne, traverse Verrières avant de se jeter dans le Doubs, et donne le mouvement à un grand nombre de scies à bois ; c'est une industrie fort simple et qui procure un certain bien-être à la majeure partie des habitants plus paysans que bourgeois. Ce ne sont pas cependant les scies à bois qui ont enrichi cette petite ville. C'est à la fabrique des toiles peintes, dites de Mulhouse, que l'on doit l'aisance générale qui, depuis la chute de Napoléon, a fait rebâtir les façades de presque toutes les maisons de Verrières.
A peine entre-t-on dans la ville que l'on est étourdi par le fracas d'une machine bruyante et terrible en apparence. Vingt marteaux pesants, et retombant avec un bruit qui fait trembler le pavé, sont élevés par une roue que l'eau du torrent fait mouvoir. Chacun de ces marteaux fabrique, chaque jour, je ne sais combien de milliers de clous. Ce sont des jeunes filles fraîches et jolies qui présentent aux coups de ces marteaux énormes les petits morceaux de fer qui sont rapidement transformés en clous. Ce travail, si rude en apparence, est un de ceux qui étonnent le plus le voyageur qui pénètre pour la première fois dans les montagnes qui séparent la France de l'Helvétie. Si, en entrant à Verrières, le voyageur demande à qui appartient cette belle fabrique de clous qui assourdit les gens qui montent la grande rue, on lui répond avec un accent traînard : Eh! elle est à M. le maire.
Pour peu que le voyageur s'arrête quelques instants dans cette grande rue de Verrières, qui va en montant depuis la rive du Doubs jusque vers le sommet de la colline, il y a cent à parier contre un qu'il verra paraître un grand homme à l'air affairé et important.
A son aspect tous les chapeaux se lèvent rapidement. Ses cheveux sont grisonnants, et il est vêtu de gris. Il est chevalier de plusieurs ordres, il a un grand front, un nez aquilin, et au total sa figure ne manque pas d'une certaine régularité : on trouve même, au premier aspect, qu'elle réunit à la dignité du maire de village cette sorte d'agrément qui peut encore se rencontrer avec quarante-huit ou cinquante ans. Mais bientôt le voyageur parisien est choqué d'un certain air de contentement de soi et de suffisance mêlé à je ne sais quoi de borné et de peu inventif. On sent enfin que le talent de cet homme-là se borne à se faire payer bien exactement ce qu'on lui doit, et à payer lui-même le plus tard possible quand il doit.
Tel est le maire de Verrières, M. de Rênal. Après avoir traversé la rue d'un pas grave, il entre à la mairie et disparaît aux yeux du voyageur. Mais, cent pas plus haut, si celui-ci continue sa promenade, il aperçoit une maison d'assez belle apparence, et, à travers une grille de fer attenante à la maison, des jardins magnifiques. Au-delà, c'est une ligne d'horizon formée par les collines de la Bourgogne, et qui semble faite à souhait pour le plaisir des yeux. Cette vue fait oublier au voyageur l'atmosphère empestée des petits intérêts d'argent dont il commence à être asphyxié.
On lui apprend que cette maison appartient à M. de Rênal. C'est aux bénéfices qu'il a faits sur sa grande fabrique de clous que le maire de Verrières doit cette belle habitation en pierre de taille qu'il achève en ce moment. Sa famille, dit-on, est espagnole, antique, et, à ce qu'on prétend, établie dans le pays bien avant la conquête de Louis XIV.
Depuis 1815, il rougit d'être industriel : 1815 l'a fait maire de Verrières. Les murs en terrasse qui soutiennent les diverses parties de ce magnifique jardin qui, d'étage en étage, descend jusqu'au Doubs, sont aussi la récompense de la science de M. de Rênal dans le commerce du fer.
Ne vous attendez point à trouver en France ces jardins pittoresques qui entourent les villes manufacturières de l'Allemagne, Leipsick, Francfort, Nuremberg, etc. En Franche-Comté, plus on bâtit de murs, plus on hérisse sa propriété de pierres rangées les unes au-dessus des autres, plus on acquiert de droits aux respects de ses voisins. Les jardins de M. de Rênal, remplis de murs, sont encore admirés parce qu'il a acheté, au poids de l'or, certains petits morceaux de terrain qu'ils occupent. Par exemple, cette scie à bois, dont la position singulière sur la rive du Doubs vous a frappé en entrant à Verrières, et où vous avez remarqué le nom de SOREL, écrit en caractères gigantesques sur une planche qui domine le toit, elle occupait, il y a six ans, l'espace sur lequel on élève en ce moment le mur de la quatrième terrasse des jardins de M. de Rênal.
Malgré sa fierté, M. le maire a dû faire bien des démarches auprès du vieux Sorel, paysan dur et entêté ; il a dû lui compter de beaux louis d'or pour obtenir qu'il transportât son usine ailleurs. Quant au ruisseau public qui faisait aller la scie, M. de Rênal, au moyen du crédit dont il jouit à Paris, a obtenu qu'il fût détourné. Cette grâce lui vint après les élections de 182...
Il a donné à Sorel quatre arpents pour un, à cinq cents pas plus bas sur les bords du Doubs. Et, quoique cette position fût beaucoup plus avantageuse pour son commerce de planches de sapin, le père Sorel, comme on l'appelle depuis qu'il est riche, a eu le secret d'obtenir de l'impatience et de la manie de propriétaire, qui animait son voisin, une somme de 6000 francs.
Il est vrai que cet arrangement a été critiqué par les bonnes têtes de l'endroit. Une fois, c'était un jour de dimanche, il y a quatre ans de cela, M. de Rênal, revenant de l'église en costume de maire, vit de loin le vieux Sorel, entouré de ses trois fils, sourire en le regardant. Ce sourire a porté un jour fatal dans l'âme de M. le maire, il pense depuis lors qu'il eût pu obtenir l'échange à meilleur marché.
Pour arriver à la considération publique à Verrières, l'essentiel est de ne pas adopter, tout en bâtissant beaucoup de murs, quelque plan apporté d'Italie par ces maçons, qui, au printemps, traversent les gorges du Jura pour gagner Paris. Une telle innovation vaudrait à l'imprudent bâtisseur une éternelle réputation de mauvaise tête , et il serait à jamais perdu auprès des gens sages et modérés qui distribuent la considération en Franche-Comté.
Dans le fait, ces gens sages y exercent le plus ennuyeux despotisme ; c'est à cause de ce vilain mot que le séjour des petites villes est insupportable pour qui a vécu dans cette grande république qu'on appelle Paris. La tyrannie de l'opinion, et quelle opinion! est aussi bête dans les petites villes de France, qu'aux Etats-Unis d'Amérique.
640 pages
Date de parution : 11.01.1972
Éditeur d’origine : Le Livre de Poche
Langue : Français
EAN / ISBN : 9782253006206
Code Hachette : 3003571
Film de Claude Autant-Lara : Le Rouge et le noir
1954 | 113 min
Interprétation
Danielle Darrieux, Gérard Philipe, Antonella Lualdi, Jean Mercure
Julien Sorel est placé comme précepteur des enfants de M. de Rênal, dont il séduit rapidement l'épouse.
L'homme , l'Acteur , L'Ange ...
(Je n'ai pas trouvé d'autre vidéo de Gérard Philipe en ligne. Dommage pour les fautes dans les titres de celle-là qui me plaît beaucoup par ailleurs).
Et tout ça en partant d'un poisson noir hideux et d'un poisson rouge qui nage sur le dos à force d'avoir trop mangé !
15 mars 2009
Mur peint d'Ernest Pignon-Ernest - Belfort (90)
Il y a plus d'un mois que que attendez la solution : qui sont ces hommes et ces femmes de culture latine ou germanique qui à travers le temps ont marqué l'Europe ?
La réponse est arrivée au courrier hier :


A nous tous, nous n'avons pas été si mauvais. Les corrections apparaissent en rouge.

1 Marlène Dietrich
2 Karl Marx
3 Maximilien de Robespierre
4 Ludwig van Beethoven
5 Denis Diderot

6 Robert Desnos
7 Simone Weil
8 Guillaume Apollinaire
10 Jean-Jacques Rousseau
11 Voltaire
13 René Char (Je vois plutôt Louis-Ferdinand Céline) Louis-Ferdinand Céline
14 Victor Schoelcher (proposé, mais avec un doute). Erwin Schrödinger ??? J'ai trouvé ! C'est Gustav Mahler. Oui, c'est Mahler.
15 Sigmund Freud

16 Louise Michel
17 Frédéric-Auguste Bardholdi
18 Marie Curie peut-être ? C'est bien Marie Curie
20 Hector Berlioz
21 Richard Wagner

23 Gérard de Nerval

25 L'Illiade (citation d'une peinture d'Ingres)

26 Victor Hugo
27 Stephen Zweig
28 Dante
29 Jean-Paul Sartre
30 René Char
31 Jai pensé à Erich Von Stroheim dans "La Grande Illusion" de Jean Renoir. C'est bien lui
32 Rosa Luxembourg
33 Le Voyageur contemplant une mer de nuages, personnage d'un tableau de Caspar David Friedrich (par contre, aucune info sur l'identité du voyageur et rien ne dit que ce soit un autoportrait)

34 Pablo Picasso
35 Arthur Rimbaud
36 Albert Einstein
37 Mozart ? oui, Wolfgang Amadeus Mozart
38 Käthe Kollwitz
39 Bertholt Brecht
40 Descartes (moi je penche plus pour Molière !) C'est Molière
42 Thomas Mann
43 Sarah Bernhardt ? Madame de Staël
44 Le canotier de Maurice Chevalier, mais est-ce Maurice Chevalier ? Rainer Maria Rilke

46 Romain Rolland
Note globale = 36 bonnes réponses sur 46 → 15,65 /20 - Bien.
Merci mon petit Fredo d'amour d'avoir pensé à ta maman qui s'est bien torturé les méninges sur ce mur peint !
Solution au jeu de la chirurgie esthétique du 25 février dernier : personne n'a trouvé, sauf celles qui savaient, à savoir l'intéressée et sa copine Martine :

Non, ce n'est pas Elvis, malgré les rouflaquettes. C'est tout simplement Béatrice.

Ben quoi ? c'était fastoche pourtant !
05 février 2009
34 heures chrono !
Il y a des moments dans la vie où les événements s'imposent à nous, alors pas le temps de réfléchir, il faut agir.
Frédéric doit commencer lundi, dans le cadre de ses études de commerce suivies à Nancy (avec des cours à Metz également), un apprentissage chez Alstom à Belfort : deux ans à faire la navette entre les deux villes. Et au cours de ces deux ans, un stage à l'étranger.
Mais le hic, c'est qu'il n'aura les clés de son nouveau logement que lundi matin, qu'il n'a pas de voiture, et qu'il n'y a rien dans cet appartement... pas de linge de maison, rien à manger.
Allez Catherine, tu te rappelles quand tu travaillais dans un service logistique ? Il fallait décider vite... et bien.
Dimanche 9 h 30 : en voiture Simone. Il neige. Pas de veine.
Dimanche 15 h 00 : arrivée à Nancy. Frédéric n'est pas prêt... nous sommes arrivés une heure trop tôt par rapport à son planning !
Il fait un temps superbe, mais un froid ! La place Stanislas est toujours là ; autour des fontaines gelées, c'est une vraie patinoire. Qu'importe ! J'ai mis mes ballerines de danseuse, et je prouve ici à Natacha que je peux aussi sourire sur une photo ↓
Comme les belles fenêtres, les jolies façades, j'aime les trompe l'oeil. Celui-ci est situé tout près de chez Frédéric. Les nancéens le reconnaîtront sûrement ↓
"Allo Linou ? Si nous passons te faire un petit coucou, tu m'offriras un verre d'eau ? Mais vite fait hein, parce qu'il faut que nous soyons à l'hôtel à Belfort avant 19 heures".
Et zou, on cale les sacs de Frédéric, la guitare, le PC entre la télé, la vaisselle et le linge. La voiture a le cul lourd.
Vous la reconnaissez ?

Eh oui, c'est Linou ! Nous sommes restés 30 mn à tout casser. Le temps de boire un coup et de manger une galette (à se damner) que Linou avait préparée pour nous.

Linou est une super maman qui n'a pas oublié, ELLE, se souhaiter une bonne fête à sa fille Véronique hier... contrairement à moi !
Bon, il faut vite filer. Je l'ai déjà dit, mais c'est une obsession : nous devons être à l'hôtel à Belfort avant 19 heures.
Le temps tourne. Au niveau de Vesoul, horreur : il se met à neiger. Et pas de la petite neige !
Et qui dit neige dit ralentissements. Nous ne serons jamais à l'hôtel à 19 h 00. Le stress !
19 h 03 : ouf, arrivés ! Nous allons pouvoir poser nos bagages, et JE VEUX VOIR LE LION DE BELFORT. Puis il faut trouver un endroit pour manger.
La citadelle, aperçue dans la nuit entre les flocons. Pas moyen de s'arrêter, au risque de ne pas repartir. Nous n'avons pas de pneus neige, et il y a une sacrée couche déjà. Le lion, pas vu du tout.
Quant à trouver un endroit pour dîner, quelle affaire ! Tout était fermé, forcément, un dimanche soir. Ca s'est terminé au Courtepaille. Pas de mauvaise surprise, c'est pareil dans toute la France.
Là, je pose en bonne compagnie : mon fils d'un côté, Brad Pitt et Kate Blanchett de l'autre, sans oublier Monsieur Shanghai.
La première préoccupation du lundi, après le petit déjeuner, est de récupérer les clés du nouvel appartement de Frédéric à l'agence.
Nous voyons Belfort de jour et là je réalise que Bénédicte n'est pas chauvine quand elle parle de sa ville natale : c'est vraiment beau !
Frédéric va prendre possession des lieux ↓
Je le suis, en m'émerveillant sur le carrelage de l'entrée. Quel charme ce petit immeuble !.
Bon Frédéric, il est temps d'aller au boulot. Nous nous occuperons de remplir ton frigo et acheter balais, serpillière et produits ménagers. En quatrième vitesse, bien entendu. Et nous règlerons tout ce qu'il y a à règler avec l'agence immobilière.
Petit tour du centre de Belfort : en vrac la gare, des maisons colorées, un parking... à défaut du Lion et de la citadelle.

A midi, nous récupérons notre gamin, quelques courses encore notamment pour acheter une clé pour l'internet mobile, parce que Frédéric n'attendra pas six mois avant d'être à nouveau connecté. Pendant que les messieurs font les courses, je reste autour de la voiture et je photographie le fameux mur d'Ernest Pignon-Ernest (il ne manque que quelques noms).
Frédéric repart au boulot avec un sandwich dans le ventre. Nous reprenons la route vers Grenoble. Nous mangerons plus tard.
Lundi 19 h 30, nous arrivons à la maison. Crevés, mais mission accomplie.
C'était sympa cette petite virée, hein Shanghai ?

Quant à toi Frédéric, tu te retrouves à 21 ans avec deux locations à gérer ... alors attention au budget !
Nicole (39), Célanie... je suis passée à deux pas de chez vous. Nous étions vraiment pris par le temps, mais je vous promets que lors d'une prochaine virée à Nancy ou Belfort, je passerai vous faire un petit coucou.
Bénédicte, idem pour toi !
Toute la journée de lundi a été ternie par l'annonce du décès de Johanne. Aujourd'hui, sa famille va lui dire au revoir. Si vous voulez aider les malades en respectant les volontés de Johanne, voir le billet de son époux ici.
Catherine


















