26 février 2009
Marie
25 février 2009
Visite de Fragonard (06 - France)
Allez, on reprend la virée dans le Sud...
Le jour de Noël, il faisait très mauvais. C'était donc le jour idéal pour visiter l'usine historique Fragonard, parfumeur à Grasse qui ouvre ses portes aux promeneurs 365 jours par an.

Quand j'étais enfant, mes instituteurs m'ont fait visiter une laiterie, une biscuiterie, une chocolaterie ou une papeterie. Je ne sais pas laquelle des quatre puait le plus. Au moins, chez Fragonard, ça sent bon !
Comme je l'écrivais plus haut, il faisait très mauvais en ce jour de Noël et les étourneaux en bande s'ennuyaient ferme : un petit vol, une pose, un petit vol, une pause ...
La ville de Grasse vaut le détour mais vu le temps, on sera mieux à l'intérieur. Et surtout, nous étions quatre malades sur quatre !

En attendant le début de la visite guidée, nous avons pu visiter le musée du parfum. Malheureusement, les photographies y sont interdites. A voir impérativement !


Pour la visite et les explications techniques, rendez-vous sur le site de Fragonard. Je serais incapable de vous expliquer les techniques de parfumerie : secouée par des quintes de toux, j'ai dû à plusieurs reprise quitter le chemin de la visite. Jacqueline, notre guide a même cru que je pouvais être allergique aux essences.
La technique qui m'a le plus intriguée est l'enfleurage : très répandue dans la région grassoise jusque dans la première moitié du 20ème siècle, elle consiste à étaler une couche de graisse inodore sur les parois d’un châssis en verre que l’on recouvre ensuite de fleurs (ici du jasmin). Ces fleurs sont renouvelées jusqu’à ce que la graisse soit saturée de parfum. Les pommades parfumées obtenues peuvent être utilisées en l’état pour la fabrication de produits cosmétiques.
Les matières premières d'origine végétale utilisées par Fragonard sont pour part cultivées à Grasse, mais de nombreuses espèces sont importées.
(cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Ici un poste de travail occupé par des ouvrières les jours non fériés : la mise en flacons.
Les estagnons en aluminium doré (4 contenances de 15 ml à 120 ml) qui protègent le parfum de la lumière.
Des curieux qui regardent partout !

Quelques photos prises sur le parcours de la visite :

Sur un autre site se trouve le musée provençal du costume et du bijou, présenté par une vitrine à l'accueil de l'usine. Ici, période oblige, "Les treize desserts de Noël".
La Veillée de Noël en Provence
Fidèle aux anciens usages, pour mon père, la grande fête, c'était la veillée de Noël. Ce jour-là, les laboureurs dévalaient de bonne heure; ma mère leur donnait à chacun, dans une serviette, une belle galette à l'huile, une rouelle de nougat, une jointée de figues sèches, un fromage du troupeau, une salade de céleri et une bouteille de vin cuit. Et qui de-ci et qui de-là, les serviteurs s'en allaient, pour " poser la bûche au feu ", dans leur pays et dans leur maison. Au Màs, ne demeuraient que les quelques pauvres hères qui n'avaient pas de famille ; et, parfois, des parents, quelques vieux garçons, par exemple, arrivaient à la nuit, en disant :
- Bonnes fêtes ! Nous venons poser, cousins, la bûche au feu, avec vous autres.
Tous ensemble, nous allions joyeusement chercher la " bûche de Noël ", qui - c'était de tradition - devait être un arbre fruitier. Nous l'apportions dans le Mas, tous à la file, le plus âgé la tenant d'un bout, moi, le dernier-né, de l'autre ; trois fois, nous lui faisions faire le tour de la cuisine ; puis, arrivés devant la dalle du foyer, mon père, solennellement, répandait sur la bûche un verre de vin cuit, en disant :
Allégresse ! Allégresse,
Mes beaux enfants, que Dieu nous comble d'allégresse !
Avec Noël, tout bien vient,
Dieu nous fasse la grâce de voir l'année prochaine.
Et, sinon plus nombreux, puissions-nous n'y pas être moins.
Et, nous criant tous : " Allégresse, allégresse, allégresse ! " on posait l'arbre sur les landiers et dès que s'élançait le premier jet de flamme :
A la bûche, Boutefeu !
disait mon père en se signant. Et, tous, nous nous mettions à table.
Oh ! La sainte tablée, sainte réellement, avec, tout à l'entour, la famille complète, pacifique et heureuse. A la place du caleil, suspendu, à un roseau, qui, dans le courant de l'année, nous éclairait de son lumignon, ce jour-là, sur la table, trois chandelles brillaient ; et si, parfois, la mèche tournait devers quelqu'un, c'était de mauvais augure. A chaque bout, dans une assiette, verdoyait du blé en herbe, qu'on avait mis germer dans l'eau, le jour de la Sainte-Barbe. Sur la triple nappe blanche, tour à, tour apparaissaient les plais sacramentels : les escargots, qu'avec un long clou chacun tirait de la coquille; la morue frite et le muge (poisson de mer appelé aussi mulet) aux olives, le cardon, le scolyme, le céleri à la poivrade, suivis d'un tas de friandises réservées pour ce jour-là, comme : fouaces à l'huile, raisins secs, nougat d'amandes, pommes de paradis ; puis, au-dessus de tout, le grand pain calendal, que l'on n'entamait jamais qu'après en avoir donné, religieusement, un quart au premier pauvre qui passait.
La veillée, en attendant la messe de minuit, était longue, ce jour-là; et, longuement, autour du feu, on y parlait" des anciens ancêtres et on louait leurs actions (Frédéric Mistral).
La visite se termine par la boutique qu'on peut retrouver en ligne. J'ai pu rapporter quelques petits souvenirs parfumés pour ceux que j'aime.
Nous avons passé un bon moment, un peu magique pour ceux et celles qui aiment le monde du parfum. Et il ne faut pas croire que nous n'étions que tous les quatre ce jour-là ! Il y avait beaucoup de monde, des jeunes, des anciens, des couples, des enfants ... Pour les personnes de nationalité étrangère, les visites sont organisées avec des guides parlant leur langue.
Grasse la nuit,
c'est joli aussi !

Nota : toutes les photos sont les miennes. Vous en verrez beaucoup d'autres sur le site de Fragonard.
Châle en alpaga, entre autres

Aujourd'hui est une date importante puisque c'est la St-Roméo.
Oui, mais je ne connais aucun Roméo à qui souhaiter bonne fête.

C'est la nouvelle lune, ce qui va dire qu'on va mal dormir. Mais chouette, plus que deux semaines avant de montrer notre récolte de fils en pot de confiture (ou nos aiguilles cassées, ou nos taillures de crayons) !
Sinon,
- pas d'anniversaire à souhaiter, sauf à Pascal bon_anniversaire_pascal
- pas de point de croix (je suis toujours en train de me crever les yeux sur la grille de Gigi)
- pas de balade, je n'ai toujours pas fini de trier mes photos des vacances de Noël, et comme on dit "après la fête, adieu le saint", autrement dit.. je ne vais peut-être jamais les trier !
- pas de livre, ni de disque et encore moins de film à critiquer,
- toujours pas de Bénédicte.
Alors ?
Alors, bulletin de santé (très tendance) : j'ai la rate qui s'dilate, j'ai le foie qu'est pas droit, j'ai le ventre qui se rentre, j'ai l'pylore qui s'colore, j'ai l'gésier anémié, l'estomac bien trop bas et les côtes bien trop hautes. J'ai les hanches qui s'démanchent, l'épigastre qui s'encastre, l'abdomen qui s'démène. J'ai l'thorax qui s'désaxe, la poitrine qui s'débine, les épaules qui se frôlent. J'ai les reins bien trop fins, les boyaux bien trop gros. J'ai l'sternum qui s'dégomme et l'sacrum c'est tout comme. J'ai l'nombril tout en vrille et l'coccyx qui s'dévisse ...
Tout ça, ça vaut bien au moins 92 commentaires de réconfort non.
Alors ???

Alors, tricot !
Mon châle grandit à tout petits pas. Je me trompe souvent, et là, ça veut dire détricoter maille par maille jusqu'à l'erreur.
Vue d'ensemble : j'ai démarré avec 3 mailles, j'en ai plus de 220. Objectif ? Plus de 350.
Les augmentations de côté : 1 augmentation de chaque côté tous les deux rangs
L'arête centrale : une augmentation de part et d'autre de la maille centrale tous les deux rangs
Le point ajouré
Et puis j'ai reçu hier deux photos à ajouter à mon musée des horreurs :
Mon pauvre petit Frédéric a pris un coup de vieux : le boulot, les trajets, Belfort, les soucis d'argent, ça n'arrange personne !
Et une invitée mystère... qui n'est pas Charlotte Julian (cliquer si vous ne savez plus qui est Charlotte Julian). Elle aussi a voulu tester le bistouri de mon talentueux chirurgien esthétique. Alors, qui est-ce ? (surtout, ne te dénonce pas, laisse les autres chercher !)
Allez, à bientôt, même si je n'ai rien à dire !
24 février 2009
Depuis le temps que j'en rêvais !
Ca y est Jacques, j'ai sauté le pas. Tu sais, je t'en avais parlé : le menton, les bajoues, les cernes, les rides... c'est pas facile d'avoir 50 ans pour une femme. Alors j'ai pris ma décision, et j'ai consulté.
J'ai eu du mal à avoir un rendez-vous chez l'un des chirurgiens esthétiques les plus réputés de Grenoble (fallait que je fasse ça en douce pour que tu ne te doutes de rien), et voilà.
On a parlé, il m'a bien écoutée. Tu le sais, c'est important l'écoute pour un praticien. Lui aussi a trouvé qu'il y avait du boulot. On corrige un peu ici, un peu là. La seule chose qu'il ne veut pas retoucher, c'est mon nez.
- Enfin, je vais avoir une bouche pulpeuse et un peu boudeuse, comme Jeanne Moreau !
- Enfin, grâce à des rajouts capilaires, je vais avoir les cheveux longs ! Et tu sais qu'en plus, j'ai toujours rêvé d'être blonde.
- Il va travailler un peu les paupières pour que mes yeux soient moins ronds. Et enfin, gâce à des lentilles, j'aurai le regard clair que j'ai toujours tant envié à ma mère et ma soeur !
Le premier travail se fait sur photo. Regarde, tu ne trouves pas que je commence à ressembler à une star ?
Dans quelques mois, après la retouche de la bouche et des yeux, il envisage le lifting complet pour tout retendre et refaire l'ovale du visage.
Pour les sous, ne t'inquiète pas...
on se débrouille toujours !
Pour ceux et celles qui souhaitent l'adresse de mon chirurgien, c'est ici.
23 février 2009
Mon ange a 25 ans
Eh voilà mon ange, tu as aujourd'hui l'âge que j'avais quand tu es née !

Cette photo n'est pas un montage ↑
Un peu plus de deux ans après Cyrille, Véronique est arrivée. C'était difficile pour Cyrille de dire "Véronique", alors il clamait fièrement autour de lui qu'il allait voir "son frère unique à l'hôpital".
Qu'elle était mignonne ! et sage surtout, ce qui nous changeait de ce que nous avions connu avec son frère.
J'aurais aimé que Véronique naisse le 19 février, comme mon père (qui aurait eu 81 ans cette année), mais comme on dit "le fruit ne tombe pas tant qu'il n'est pas mûr". Tant pis, cela n'aura pas empêché que nous fêtions leurs deux anniversaires ensemble.
Le voilà le Papy en question, le jour de la naissance de Véronique, avec ma mère si heureuse. Et Véronique qui n'a que quelques heures ↓

Ma mère allait avoir 45 ans, et Véronique était son troisième petit-enfant.
Ci-dessous, une photo rare : Cyrille et Véronique et leur quatre grands-parents en mars 1984. De gauche à droite, Pépé Pierre, Mamie Viviane, Mémé Andrée et Papy Jean-Luc.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et si Véronique a été un bébé d'une sagesse exemplaire, dès l'âge de neuf mois elle a compris qu'elle pouvait se mettre debout, et surtout suivre son frère. Elle n'a plus voulu rester dans son parc, et a fait toutes les bêtises que nous n'avions pas anticipées. Nous cherchons toujours des clés de placard ou le filet que nous avions acheté pour accrocher à la poussette.
Comme quoi, les anges ont aussi leur côté "démon". La preuve ↓
Cette photo n'est pas un montage ↑
Heureux anniversaire Véronique !
22 février 2009
Détente intellectuelle
Quand j'exerçais encore une activité professionnelle circulaient des feuilles qui nous permettaient en combinant 4 morceaux de phrase de construire un discours "langue de bois" comme nos responsables hiérarchiques savent si bien en écrire (et nos hommes politiques aussi !).
Toutes les combinaisons étaient possibles, et nous riions comme des baleines autour de la machine à café.
Ce document se présentait comme celui-ci ↓ qui doit servir aujourd'hui aux politiciens qui nous promettent de nous sortir de la crise :

Aujourd'hui, il exite le générateur de "langue de bois" qui permet de perdre du temps en souriant !
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Maintenant, je suis sur le web, je suis moderne, et je fais la même chose, mais en "trash".
Le principe est presque le même. Vous avez 3 morceaux de phrases, mais vous ne devez pas les combiner aléatoirement : vous devez respecter l'ordre :
mois de naissance + jour de naissance + initiale de votre prénom
Vous êtes du mois de ?
janvier : j'ai couché avec
février : j'ai lavé
mars : j'ai fusillé
avril : j'ai embrassé
mai : j'ai léché
juin : j'ai mis le feu à
juillet : j'ai épousé
août : j'ai découpé
septembre : j'ai frappé
octobre : j'ai fabriqué
novembre : j'ai kidnappé
décembre : j'ai promené
Votre jour de naissance ?
1 : Bob l'éponge
2 : une petite fleur des champs
3 : un cul de jatte
4 : Dorothée
5 : un poisson rouge
6 : un morceau d'emmental
7 : un bisounours
8 : Hamtaro
9 : Paris Hilton
10 : une crotte de chien
11 : un furet
12 : les nibards de Loana
13 : une oreille du yéti
14 : le vibromasseur de Segolene Royal
15 : un nez artificiel
16 : Bree van de Kamp
17 : un babouin
18 : Philippe Bouvard
19 : Georges Bush
20 : un playmobile
21 : une huître d'Arcachon
22 : mon coiffeur
23 : Lorie
24 : un ravioli au fromage
25 : un castor obèse
26 : Nicolas Sarkozy
27 : un frisbee rose fluo
28 : un bouchon de champagne
29 : un cochon d'inde
30 : un toaster
31: un poil
La première lettre de votre prénom ?
A : pour le bien de l'humanité
B : et alors ?
C : et j'ai eu un orgasme
D : dans l'unique but de sauver le monde
E : car on me l'avait gentiment demandé
F : en chantant Titou le lapinou
G : car il (elle) avait insulté ma sœur
H : et ça pue
I : avant d'être enlevé par un extra-terrestre
J : dans un but purement lucratif
K : car j'aime la vie
L : et je me suis bien marré
M : pour me faire des amis
N : car c'était la dernière volonté de mon grand-père
O : et je me suis fait gronder par maman
P : pour financer mes implants mammaires
Q : car il faisait beau
R : car je suis quelqu'un de gentil
S : et on peut dire que je suis douée pour ça
T : pour un biscuit à la fraise
U : car je suis un sacré coquinou
V : et ce n'était pas mal du tout
W : car je n'ai pas d'amis
X : pour la gloire
Y : et ça m'a un peu saoulé
Z : pour passer le temps
Allez, OSEZ !
Moi ? J'ai épousé une huître d'Arcachon et j'ai eu un orgasme.
Et vous ?
(j'ai l'impression que vous avez honte de ce que vous venez d'apprendre !)
Exemples :
j'ai léché un poisson rouge pour financer mes implants mammaires (tu te reconnais ? En tous cas c'est un sacré scoop)
ou
J'ai lavé Nicolas Sarkozy pour me faire des amis (alors là, je crois qu'il y a erreur !)
ou tiens, pour mon "huître d'Arcachon" :
J'ai embrassé un nez artificiel dans un but purement lucratif.

Finalement, c'est complètement idiot ce jeu là !
21 février 2009
Histoire d'un marquoir dédié à ma grand-mère paternelle
Un marquoir de ma galerie a retenu l'attention d'une brodeuse qui "voulait en savoir plus". Cette broderie date de 2006. Il s'agissait de broder en commun un marquoir en souvenir d'une de nos grands-mères. J'ai commencé par celui de ma grand-mère maternelle, puis j'ai brodé celui de ma grand-mère paternelle dont voici toute l'histoire. Toutes les photos sont cliquables.
SAL "Souvenir de leur enfance, à nos grand-mères
J'ai changé d'avis ... la couleur de la toile que j'avais choisie pour réaliser mon
"Lucienne 1901"
ne mettait pas suffisamment en valeur le fil de Morphée "Nuit Divine". Après avoir essayé deux toiles mauves différentes,
j'ai carrément pris une toile d'une autre teinte :
Vous verrez les autres ouvrages de ce SAL grâce à Flonounette qui a recensé toutes les participantes, et qui montre les réalisations des "brodeuses-non blogueuses".
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Ma grand-mère paternelle s'appelait
Lucienne Jeanne Henriette Bienfait,
et était née à Constantine (Algérie) le 27 mars 1901. Elle était la 5e d'une fratrie de huit enfants. Sur cette photo, elle pose avec Noëlle (à gauche), sa benjamine de 4 ans.
De ma grand-mère, je ne sais que ce que j'en ai entendu dire : très peu par mon père, pas du tout par mon grand-père, et sûrement "trop élogieux" par les gens qui l'avaient connue.
Elle est morte en 1938 en mettant au monde son 4e enfant qui repose avec elle au cimetière de Saint-Martin-de-Ré. Après avoir tenu une auberge de jeunesse avec mon grand-mère qui était pasteur à Saint-Martin, elle avait obtenu le poste d' institutrice à Loix. Elle a laissé un souvenir ému à tous ceux que j'ai pu croiser pendant mon enfance : à les entendre, cette femme n'était qu'intelligence, bonté et beauté. Alors je veux bien les croire !

SAL "Souvenir de leur enfance, à nos grand-mères"
De toutes les semaines passées sur joli projet mis sur pied par Flonounette, et auquel participent presque 30 brodeuses, je crois que c'est celle qui vient de s'achever qui m'a apporté le plus d'émotions.
C'est dire... parce que depuis le départ, cette aventure a un petit air de nostalgie, moi qui n'ai plus ni mes grand-mères, ni ma mère.
Voilà donc mon avancée ; j'ai bien travaillé cette semaine.
J'avais tout préparé sur une feuille quadrillée, à la main, avant de broder le prénom et le nom.
Cela m'a fait un effet très "spécial" de broder le le nom de cette grand-mère qui ne m'a jamais connue et dont je suis toujours en quête de découverte.
D'elle, je ne connais pas le son de la voix, je ne devine que quelques traits de caractère à travers les souvenirs que j'ai pu glaner ça et là, et surtout les écrits qu'elle a laissés. Cependant, je sais toutes les dates qui ont jalonné sa courte vie, de sa naissance à sa mort tragique 37 ans plus tard.

Je possède ses diplômes, des lettres de famille, des courriers officiels, des cahiers de préparation de cours joliment illustrés (elle était institutrice), et quelques photos, dont ce beau portrait (à l'âge de 19 ans) ↑ que m'a donné un cousin germain de mon père.
Ce cousin Jean, heureux octogénaire (*), a une passion dévorante : la généralogie. Il m'a remis il y a quelques années, la généalogie "Bienfait" remontant à un certain Charles Ambroise Joseph BIENFAIT né en 1751, et décédé à Arras (62) en 1798. Dans cette généalogie, ma grand-mère fait partie de la génération 5, et moi de la génération 7.
A partir de la génération 3, on voit des BIENFAIT naître en Belgique (Liège), et ce n'est qu'en 1851 qu'un BIENFAIT voit le jour sur le sol algérien, à Constantine. D'ailleurs, les BIENFAIT habitaient "route Bienfait" ... La dernière génération à voir des naissances sur le sol algérien est la mienne, la 7e ... une Martine née en 1954.
Si vous passez par l'Ile de Ré, et que vous allez au cimetière de Saint-Martin, vous ne pouvez pas manquer la tombe de ma grand-mère ; mon grand père y avait planté un petit palmier (il n'y a pas de dalle sur la tombe, juste des graviers), petit palmier qui a bien grandi depuis 68 ans !
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Son prénom pour l'état civil était Lucienne, mais tout le monde l'a toujours appelée Jeanne, mon grand-père le premier. D'ailleurs, c'est dans une enveloppe écrite de la main de mon grand-père que je conserve quelques petits trésors ayant appartenu à ma grand-mère, comme des lettres qu'elle envoyait à son fils aîné pensionnaire à La Rochelle, et surtout ce billet, renfermant quelques boules de mimosa et une violette séchés, sur lequel il avait préparé l'annonce de leur mariage pour une réunion de prières.
Mercredi 11 avril 1923
Réunion de prières
Et comme Vous êtes tous nos amis,
Mlle B. et moi, nous vous annonçons
que nous avons résolu de nous
unir afin de mieux vous servir.

SAL "Souvenir de leur enfance, à nos grand-mères
Je pensais avoir fini mon marquoir aujourd'hui, mais c'était minimiser le temps qu'il faut pour broder toutes ces lignes sous le nom !
Il me reste à finir :
la frise au dessus du nom,
un motif floral à droite du nom,
quelques lignes de frises sous le nom.
Heureusement que notre maîtresse d'école Flonounette nous accorde une semaine supplémentaire pour rendre notre copie !
Je l'ai déjà écrit, de cette grand-mère je n'ai que des souvenirs rapportés par des personnes qui l'ont connue, et des documents et photos qui me sont revenus, puisque je suis l'aînée de ses petits-entants... et que mon frère et ma soeur ne sont pas conservateurs pour deux sous.
Voilà deux documents que j'aime. D'abord, ils ont un format important, et je trouve la calligraphie des employés qui les ont remplis très artistique.
D'abord son diplôme de fin d'études qu'elle a obtenu à Constantine à l'âge de 20 ans, en 1921. Je ne sais pas à quoi correspond ce diplôme dans notre système éducatif actuel. Le baccalauréat peut-être ?
Ensuite, son Certificat d'Aptitude Pédagogique décerné par l'académie de Poitiers en 1935.
Ce diplôme permettait l'enseignement dans les écoles primaires. Est-ce que ce diplôme n'existait pas avant cette date, parce qu'en 1935, il y avait déjà plus de 10 ans qu'elle était institutrice !

SAL "Souvenir de leur enfance, à nos grand-mères" : c'est fini !
Et comme toutes les fins, je trouve celle là un peu triste.
J'aimais papillonner de blog en blog pour voir l'avancement des ouvrages des quelque 30 brodeuses qui ont participé à cette aventure, à l'initiative de Flonounette.
J'ai aimé rechercher des documents et des photos concernant mes grand-mères, pour pouvoir les évoquer pendant 12 semaines.
Le marquoir concernant ma grand-mère
Lucienne 1901
est donc terminé dans les délais. C'est un ouvrage assez grand (brodé en 1/1 sur du lin 14 fils) de 270 points de large. Je n'ai pas encore d'idée pour ce que je vais en faire ... pas plus que je n'en ai pour celui de ma grand-mère
Jeanne 1902
brodé avant celui de Lucienne et que je vous raconterai aussi un jour.
(*) Malheureusement, Jean nous a quittés en décembre 2007.
Le modèle de ce sampler est tiré du livre de Muriel Brunet et Françoise Ritz :

20 février 2009
L'oeuvre d'une vie
Nombreuses sont les brodeuses qui ont évoqué dans leurs billets sur l'Aiguille en Fête (qui se déroulait la semaine dernière à La Villette) l'ouvrage dantesque de Madame Michèle Renard qui a brodé pendant 30 ans de sa vie l'Evangile selon Saint-Jean sur une toile de 140 m de long. Vous trouverez dans le Le fourre-tout de Marie-Thérèse Saint-Aubin un article très détaillé avec de superbes photos (allez voir ce blog, c'est époustoufflant).
J'ai 50 ans, même si je m'y mettais aujourd'hui, il y a peu de chances que j'arrive à égaler cette femme dont le travail est quasi parfait. Dommage, parce que j'aurais rêvé de laisser une trace de mon passage : un livre, un tableau, la chanson du siècle, ...
Allez, que j'arrête de me faire du mal ! Moi aussi j'ai réalisé l'oeuvre d'une partie de ma vie. En mettant ma galerie à jour, j'ai vu combien de "bidouilles" j'ai pu faire et semer en une dizaine d'années :
- des coussinets : 69
- des biscornus : 12
- des cubes : 11
- des pendibules : 8
- des enveloppes ou cartes brodées : 82
- des pinkeeps : 25
- des hornbooks : 1 seul, mais recto-verso !
- du cartonnage : 1 cousette, 3 boîtes 6 faces brodées, 1 boîte dessus brodé
- des ouvrages complets : environ 115
- des participation à des rondes : plus de 70 motifs brodés
- des badges : une trentaine
- des participation à des ouvrages communs (plaids) : une quinzaine
- des marque-pages : 24
- des trucs divers (carnets, sacs, pique-aiguilles, étuis à mouchoirs ....) : 28
- des vêtements pour nounours ou poupée : 3
- des trucs pas montés : pffffffffff, au moins 50 !
- et un seul bavoir !
Je ne tiens pas compte des ouvrages en cours ↓ qui sont nombreux et surtout très grands, ni des petites choses qui sont parties dans la nature avant d'avoir été photographiées.

Eh les gosses, je l'ai l'oeuvre de ma vie : c'est vous, et surtout, c'est vous qui devrez vous partager un jour tout ce qui reste à la maison de la liste ci-dessus !

18 février 2009
Des nouvelles de Bénédicte
Pas de broderie, pas de tricot, pas de promenade, pas de chien, pas de photo de neige, mais des nouvelles toutes fraîches de Bénédicte.
Il est retombé une vingtaine de centimètres de neige chez elle... ce qui explique la sinusite dont elle souffrait la semaine dernière. Parce que Bénédicte est comme les grenouilles de la météo
: elle ne monte pas le long d'une échelle, mais elle a des crises de sinusite dès que le temps va changer.
A part la neige qui ne facilite pas les trajets, tout va bien :
- sa télé a pété,
- elle vient de sortir environ 200 Euros de frais de vétérinaire,
- elle n'est allée ni à Créativa Metz, ni à l'Aiguille en Fête,
- et quand elle est allée faire des courses avec pour seul "superflu" dans le caddie des slips pour son hommes, elle a été horrifiée de voir qu'elle en avait pour 82 Euros.
Pour le vétérinaire, pas trop de malheurs. Juste que sa chatte Okata est allée lui faire un petit dans un coin, et que quand Bénédicte l'a trouvé, il était trop tard pour "couic le chat". Donc elle a gardé le chaton (une chatonne en l'occurrence). Pour l'instant, elle est toujours en phase d'apprivoisement, la bébé chat étant une sauvageonne qui ne veut pas se laisser approcher facilement.
Pour ne pas renouveller l'expérience, Bénédicte a pris une grande décision : Okata est passée sur le billard pour se faire stériliser. Et la petite aussi... c'est ainsi que Bénédicte a découvert que la petite chatte est un matou
.
A ça on ajoute les médicaments pour le coeur de Nolan, le chien, et on arrive à 200 Euros.
Elle m'a demandé de vous écrire qu'elle pense à vous, qu'elle vous embrasse tous et qu'elle espère revenir bientôt.
J'avais écrit "pas de neige" ? Allez, juste un petit peu ...

J'avais écrit "pas de broderie, pas de tricot" ? Pourtant en ce moment, je suis en plein dedans : JE DEMENAGE MA GALERIE ! Avant, j'étais chez PictureTrail, mais comme c'était payant et que crise oblige, j'ai décidé de transférer mes photos chez Google. Maintenant, je suis ICI.
C'est un peu le bazar, je rangerai petit à petit. Pas envie de me faire un lumbago à y aller trop fort : presque 10 ans de broderie, ça pèse son poids.
16 février 2009
100 enfants : Titine, Juju et Gégé
Le 10e objectif de notre méga-projet était composé de deux petites scènes.
Pour Maman
C'est Martine, autrement dit ma Titine de soeur, qui rapporte des fleurs à Maman.
Martine a toujours aimé cueillir des fleurs. Quand nous étions petites, il y avait tout près de chez nous un champ (d'où notre mère pouvait nous voir du balcon) dans lequel nous allions cueillir de grandes brassées de coquelicots flétris avant même d'être rentrées à la maison, et de marguerites qui sentaient le pipi de chat. Notre mère avait l'air heureuse de recevoir ces immenses bouquets et les mettait dans un vase... même si l'odeur était "spéciale".
Nous voilà, Martine et moi en mai 1964, dans un grand champ de jonquilles en Chartreuse. Elle n'était pas peu fière avec son joli bouquet ! Elle avait 2 ans 1/2 et j'allais sur mes 6 ans (ça se voit peut-être, mais j'étais malheureuse comme les pierres d'arborer cette casquette blanche à pois noirs. Je la détestais, et malgré tous mes efforts, je ne l'ai jamais perdue).
Mon petit frère
Deux frères qui deviendront célèbres regardent le match de foot.
Gérard, le plus jeune, sera un journaliste "économico-politique" que l'on verra beaucoup à la télévision, notamment sur le service public.
L'aîné, Paul-Alain, fera chavirer le coeur des millions de fans pendant plus de 40 ans en chantant des chansons qui les toucheront. Le teint mat, de belles boucles brunes, allez, c'est facile de deviner qui il deviendra.
Il se fera connaître sous le prénom de Julien, et si les frères sont différents, si qu'ils sont nés du même père, mais n'ont pas la même mère. C'est le thème de la chanson "Double enfance".
Le prochain objectif n'aura pas d'histoire, alors je reviendrai avec le n° 12, et plein de choses à raconter !













































